Il faut un début a tout, même à ce blog ...

Il faut un début a tout, même à ce blog ...
Et oui ... Encore un ...
A croire que cela ne s'arrêtera jamais ...

Ici, c'est des fictions sur Tokio Hotel !
Bon, bien sur, c'est moi qui écris tous ... tous avec les membres de Tokio Hotel.

Tu ne connais pas TH ?! Ca m'étonnerait, mais on ne sait jamais --> Ici.
Il s'agit d'un groupe de rock allemand, composé de quatre garçons, qui ont entre 18 et 20 ans. Depuis quelques mois ils ont sortis leur CD en France, qui ont pas mal de succès.
Naturellement, vous n'êtes obliger de les aimer, pour apprécier les fictions.

Cette fiction est aussi sur le forum officiel de Tokio Hotel ...

Elle tourne principale autour de Bill et Tom, même si il y a quelques apparitions de Gustav et Georg ..
(Désolé j'avais besoin de jumeaux =)) ... L'histoire est assez compliquer au début, mais on comprend tout dès le 3eme chapitre. La fiction est inspiré de la chanson (de loin dirons nous ...) que j'aime beaucoup.
Il n'y a rien de choquant, quoi qu'un peu de sang, mais rien de comparable avec certaines de mes autres fictions ...

Code de couleur :

Bill
Tom
Elle

Il y a deux narrateurs, un en normal l'autre en italique ;)

Bonne lecture !

Mon autre blog (avec mes One Shot)

Cerise


[01] [50] ?
# Posté le mercredi 24 octobre 2007 08:59

Prologue

Prologue
Par pitié, réveillez moi. Ne me laissez pas là toute seule. Enlevez moi de ce monde inconnu, de ce monde trop souvent visité. Ce monde pourtant, je l'appréciais avant. Mais maintenant, je ne vois plus que les mauvais côtés des choses. Un seul être vous manque, et la vie perd tout son charme. Je m'étais promis de t'oublier, de vivre comme avant. Et pourtant.
Je regarde par la fenêtre, il pleut. Le ciel a décidé de pleurer, tout comme pleure mon c½ur. Pourtant mes yeux sont secs, et seuls mes iris reflètent le gris du ciel, le gris de mon c½ur, de mes pensées, et bientôt de mes actes.
Je ne peux imaginer, cette vie qui m'est offerte, sans penser a toi. Le monde est trop grand pour moi seule. Et, sur ce mur, abimé par le temps, délavé par l'humidité, je ne vois plus que mon sang. Ma vue vire au rouge, je me sens agoniser. Je manque d'air, le seul problème, est que je ne veux plus respirer.
Dehors le temps est à l'orage, et j'imagine que la pluie doit être glacée. Mais certainement pas autant que mon c½ur, que tu as abandonné. Les gouttes fouettent la fenêtre, produisant un son que je ne peux plus supporter.
Je pleure. Oui, je pleure quand rien ne va plus.

# Posté le mercredi 24 octobre 2007 09:06
Modifié le mardi 13 novembre 2007 15:45

Chapitre 1

Chapitre 1
Le c½ur encore serré, je suis entrée dans la classe. J'entendis un bruit de fond, en poussant la porte, qui se calma, dès que me fus glissée de l'autre coté de cette porte. Tous élèves étaient debout à côté de leurs chaises, en silence, me regardant tels une classe modèle. En voyant cette scène, mon c½ur manqua un battement. Cette classe d'habitude si agitée, était là devant moi, sage comme une image. Auraient-ils pu être au courrant de ce qui m'était arrivé ? Je préférais m'imaginer que non.
Je pris place au bureau, en disant d'une voix que j'espérais heureuse :

- Bonjour les enfants, asseyez-vous.

Et oui, aujourd'hui c'était moi le professeur. Une chose plutôt rare pour une élève comme je l'étais, m'endormant presque en cours. Comble du sort, j'étais devenue professeur d'allemand, langue que je n'avais jamais étudiée, mais que je connaissais à force de la pratiquer, parlant avec des amis, parlant avec lui ...
C'était l'envie de me changer les idées qui m'avait poussée à aller donner mes cours, mais maintenant, devant cette classe, qui était bien trop calme, je regrettais cette décision amèrement. Tous ces regards posés sur moi me mettaient plus que mal à l'aise, et pourtant j'avais essayé de m'y préparer. J'étais venue, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, et pourtant, la porte était si proche, et je mourrais d'envie de sortir en courrant, abandonnant mes élèves. Mais non, il ne fallait pas, cela ne me rendrait que plus triste, même si je pensais avoir atteint le niveau maximum.
Je posais ce que j'avais dans les mains, quand je vis un large sourire sur chaque tête. Il s'agissait d'un lecteur CD.

- Oui, nous allons chanter aujourd'hui, mais pas la dernière chanson à la mode, quoi que, je n'aie pas pris le pire. Mais avant on corrige les exercices !

Je fis un sourire forcé, comme pour les encourager, ayant tous perdu leurs sourires. Je sortis mon classeur de mon sac, quand je me rendis compte que je n'en avais aucune envie. Alors pourquoi m'en obliger ? L'assemblée qui se trouvait en face de moi n'avait pas l'air ravi non plus à l'idée de corriger leurs devoirs. Je soupirai lentement, prenant le plus d'air possible dans mes poumons, qui me semblaient comme transpercés, et leur ai encore souri, mais pas plus facilement que tout à l'heure.

- Finalement, on oublie les exercices ! On le fera au prochain cours.


Un soupir de soulagement s'échappa de la classe, et je me demandais si je n'en faisais pas aussi partie. Je sortis les paroles de mon classeur, ce qui me fit un petit pincement au c½ur en voyant le titre, et les ai distribuées à la classe, entendant les élèves souffler voyant qu'il s'agissait bien d'allemand.
Un sourire toujours forcé aux lèvres, je me suis redirigée vers mon bureau. Puis, avec difficulté certes, je mis le Cd, demandant aux élèves de chanter, dès la première fois.
Ils obéirent, ajoutant leur voix à celle du chanteur. Moi-même je murmurais les paroles, n'ayant besoin de la feuille, les connaissant déjà par c½ur, à force de les avoir écoutées.

“Keiner mehr da
Der mich wirklich kennt
Meine Welt bricht grad zusammen
Und es läuft ´n happy- end
Um dich weinen soll ich nicht
Ich weiß unsterblich sind wir nicht
Aber du hast mal gesagt “

Ils cachaient parfaitement la voix du chanteur, me permettant quelques minutes de plus de répit, mais était-ce vraiment cela que je voulais ? Non j'étais sûre du contraire. C'est alors que je leur fis signe d'arrêter. Personne ne compris vraiment ma démarche, mais cela m'était bien égal.
Heureusement, il n'avait pas encore entamé le refrain. On pouvait entendre la guitare, chaque note que je connaissais par c½ur, et mes doigts, inconsciemment, commençaient à jouer dans le vide, comme je l'avais si souvent fait sur mon instrument.
Mes paupières devinrent lourdes, comme si je manquais de sommeil, mais c'était certainement sous l'effet de chagrin. C'est alors, que dans un frisson, ou peut-être même un tremblement, j'entendis les premiers mots, de cette phrase, si souvent répétée.

«Wenn nichts mehr geht
Werd ich ein Engel sein
Für dich allein
Und dir in jeder dunklen Nacht erschein´
Und dann fliegen wir weit weg von hier
Wir werden uns nie mehr verlier´n »

Je ne pus résister à chuchoter les paroles. En français même, prenant pour moi, une dimension plus importante car il s'agissait de ma langue maternelle, même si aujourd'hui, à part pendant mes cours, l'allemand était devenu la langue que j'utilisais le plus.
Mes yeux menaçaient de pleurer pendant que les paroles défilaient, mais il fallait que je me retienne, pleurer ne servait à rien, surtout devant une classe entière.

« Quand rien n'ira plus je serai un ange – rien que pour toi
Pour toi j'apparaîtrai dans les nuits les plus sombres
Et nous nous envolerons loin d'ici
Nous ne nous perdrons plus jamais »


Je sentis une larme rouler doucement sur ma joue. Les yeux toujours fermés, ne voulant voir la classe en face de moi, je n'entendis pas la porte s'ouvrir. C'est donc avec une grande stupéfaction, que j'entendis sa voix.

- Tu es encore en train d'écouter cette chanson !

Je reconnus tout de suite son ténor, et ne voulant ouvrir les yeux, par culpabilité, je me retournai vers le mur. Il s'était exprimé en allemand, comme chaque fois qu'il était énervé. Il pouvait l'être, je le lui avais promis, promis d'arrêter, promis d'oublier. Mais cela m'était impossible, et au fond de moi, j'étais sur qu'il comprenait, et qu'il vivait la même chose, lui aussi.

- S'il te plait, vient là.

Il était toujours à parler en allemand, mais sa voix s'était radoucie. Je me suis donc retourné, et ai ouvert les yeux, pour voir sa main tendue vers moi, offerte. C'est donc sans aucune hésitation, que je me suis approchée de lui, me jetant presque dans ses bras, en soufflant :

- Deux secondes, les enfants, je reviens.

Il me prit par l'épaule, et m'entraîna dehors, me laissant à quelques mètres des escaliers, prenant soin de bien fermer la porte. C'est une fois réfugiée dans ses bras protecteur, que je fondis en larmes. Je n'en pouvais plus, et il m'était impossible de me retenir. Il m'obligea à coller ma tête contre son épaule, frottant mon visage à ses dreads.

- Pourquoi tu fais ça ?

Lorsqu'il parlait français, son accent allemand me faisait toujours rire. Et même si, aujourd'hui, chaque fois qu'il s'adressait à moi, il me parlait dans ma langue, je ne m'y étais toujours pas habituée.
Il avait soufflé cela dans mon oreille, seule moi pouvais entendre, mais je culpabilisais tellement, que je me sentais rougir. Mais cela ne m'empêcha pas de pleurer de plus belle. Il me serra un peu plus à lui, comme se sentant coupable.

- J'imagine qu'il s'adresse à moi, qu'il va revenir, qu'il est toujours là, près de nous.


Prononcer était très difficile, je ne faisais que remuer le couteau dans la plaie, plaie qui était loin d'être cicatrisée.

- Il ne reviendra pas, arrête d'espérer, tout est fini, fini pour lui.


Ces paroles, ne me firent que plus de mal. Je me sentais défaillir, mes jambes ne supportant plus mon poids. La seule chose, qui me permit de rester debout, était l'étreinte de Tom.
D'un seul coup, je me sentis trembler, n'était-ce pas une de ses larmes, que je sentais couler sur mon épaule ?

- C'est fini, tout est fini.

Il avait continué à chuchoter cela, comme pour essayer de s'en persuader lui-même.

-Mais ... mais T-tom !

C'était la seule chose que j'avais réussi à prononcer entre deux sanglots. Il resserra encore un peu son étreinte, m'étouffant presque. Il mit du temps à me répondre, comme pour essayer de cacher sa propre tristesse.

- Je m'occuperai de toi, je te protégerai, je ne veux pas te voir triste.


Cette fois si, c'était moi qui me collais un peu plus a lui. Je souriais, ce qui contrastait avec mes yeux, remplis de tristesse, qui continuaient de pleurer, qui continuaient de le pleurer.
Ce que je ne savais pas encore, c'était que Tom ne faisait que tenir une promesse. Une promesse qu'il avait faite à son frère. De toujours s'occuper de moi, même si lui ne le pouvait plus. Une promesse, qu'il tenait très bien, d'ailleurs peut être trop bien.
# Posté le vendredi 26 octobre 2007 16:21
Modifié le mardi 13 novembre 2007 15:44

Chapitre 2

Chapitre 2
Qu'il était beau, avec ses cheveux couleur corbeau qui lui retombaient délicatement sur le visage, son visage fin, ses yeux chocolat. Non, il ne me laissait pas indifférente, et cela depuis longtemps, trop longtemps.
Quelqu'un parlait, mais personne ne l'écoutait. Personne, peut être pas. Tom, Gustav et Georg avaient l'air très attentifs, mais moi je ne faisais qu'entendre le son de sa voix. J'étais trop attirée par cette beauté qui se trouvait en face de moi. Lui non plus n'écoutait pas, il me regardait. Je devais être rouge pivoine, sachant qu'il avait posé ses yeux sur moi. Mais il m'était impossible de détourner le regard. Non, il était vraiment trop beau.

- Hé les jeunes vous m'écoutez un peu s'il vous plait.

Je me suis concentrée pour essayer de comprendre. Il parlait en allemand, et j'avais commencé à apprendre il y a peine quelques mois. Je me suis retournée vers David, le manager du groupe Tokio Hotel, un groupe que j'aimais tant. Ils étaient tous les quatre en face de moi, à même pas quelques mètres, et si l'envie m'en prenait, je pouvais même les toucher.
Mais voila, aujourd'hui je m'étais habituée à les voir, à participer à leurs répétitions, à les entendre chanter et jouer. Non, cela ne m'impressionnait plus du tout.
Nos regards se croisèrent, je me noyai dans le chocolat, quelques secondes, avant de détourner furtivement les yeux, trouvant soudain un intérêt palpitant à son T-shirt. Il sourit, et un rire angélique atteint mes oreilles. Cela par contre, ça m'impressionnait.
D'un seul coup ils se levèrent tous. Moi qui était tellement attentive à la conversation, je ne compris pas pourquoi. Après hésitation, je me suis levée, pour rejoindre David, de l'autre coté du studio.

- Qu'est-ce qu'ils vont jouer ?
- Si tu n'avais pas passé ton temps à fixer Bill, tu l'aurais su.

Il tourna son visage vers moi, je me sentis rougir, et mon c½ur s'accéléra soudainement. J'essayais de sourire, en vain. Je venais de prendre conscience des choses. Je matais Bill depuis quelques mois, pensant que personne ne remarquait, mais en fait même lui s'en était rendu compte. D'ailleurs, David, dû se rendre compte de mon malaise. Il eut un sourire moqueur, et répondit enfin à ma question.

- Instant Karma, c'est une reprise de John Lennon.

J'acquiesçai d'un signe de tête, attendant que le groupe commence. La guitare résonna, et en moins de quelques secondes, les studios furent remplis de ce son magnifique.
Une après-midi passée à écouter la même chanson, à être bercée par la même mélodie, et pourtant, pas une seconde je me suis lassée. Ce moment j'en étais certaine, je m'en rappellerai toute ma vie, et même plus peut-être.
Lorsque la prise fut parfaite, ce fut avec tristesse que je me suis levée de la chaise sur laquelle j'étais restée pendant un long moment.
J'ai levé les yeux vers l'horloge, qui indiquait déjà vingt heures trente.
Tom sortit le premier, s'étirant les bras, et baillant. Puis, il massa ses doigts endoloris, et cria.

- Maintenant resto !

Cela me faisait bizarre d'entendre de l'allemand toute la journée, mais je savais qu'ils faisaient tous un effort, parlant lentement, préférant certainement que répéter. Avec le temps, je m'étais habituée à cet accent, et comprenais quasiment tout.
Tout le monde sortit peu à peu du studio, j'allais faire de même, mais une voix me retint.

- Tu peux m'attendre, bitte (s'il te plait).

Je me suis retournée, tout doucement, ayant bien entendu, reconnu sa voix. Bill se tenait là à quelques mètres de moi, et refaisait ses lacets. Il sourit, un sourire d'ange.
Je n'osais plus bouger, comme pétrifiée par une telle beauté. Oui, il était tout simplement magnifique. Je me sentais rougir, je le vis rire tout en me regardant. Puis il baissa les yeux, continuant son travail.
Je me suis approchée lentement, le plus discrètement possible, espérant qu'il m'oublia durant quelques secondes. Je ne me contrôlais plus, il était là en face de moi, aveugle.
Je n'étais plus qu'à quelques centimètres de lui, et inconsciemment, j'avançais ma main, comme pour toucher, ébouriffer, ses cheveux.

- Je te vois.

Il n'avait pas levé la tête, ni même bougé. J'étais tellement surprise, que je repris conscience, réalisant ce que j'étais en train de faire. D'un seul coup, prise par la honte et le regret, je voulus reculer, m'enfuir, pour ne plus jamais revenir. Mais je n'avais pas compté que les fils électriques traînant par terre.
En moins de quelques secondes, je me suis retrouvée, assise à coté de lui, les pieds emprisonnés dans les fils.

- Aïe !

C'était la seule chose logique qui m'était venue à l'esprit.

- Aïe ?

Il avait répété avec son accent allemand, ce qui rendait cette expression encore plus grotesque. La situation empirait, et à ce moment précis j'aurais tout donné pour disparaître, passer à travers les murs. Sans s'arrêter de rire, il me tendit la main, et me releva.
J'étais tellement surprise, que ne contrôlais pas ma force, ni mes mouvements, et me retrouvai contre son torse. Je pouvais sentir son odeur, respirer son parfum, toucher sa peau brûlante, lui dire tout ce que j'avais sur le c½ur. Mais je ne fis rien.
Non, je ne fis rien, car j'étais comme paralysée : il avait posé délicatement sa main dans mon dos, et riant toujours, passa ses doigts dans mes cheveux.

- Tu es tellement belle.


Il s'exprimait toujours en allemand, ce qui enlevait tout le romantisme de cette phrase, sachant que je ne comprenais que la moitié des choses. Il sourit, en me rapprochant un peu plus de lui, exerçant une légère pression sur mon dos. Il ne voulait pas m'obliger, ni même me brusquer. Non, il voulait de la douceur, et je pouvais me défaire de son étreinte à tous moments.

- Danke (merci).

Mon accent le fit rire. J'aurais voulu l'entendre en français. Parce que à part la phrase « Bonjour tout le monde, malheureusement je ne parle très bien français, mais j'essayerai de m'améliorer pour la prochaine fois » qu'il avait apprise par c½ur pour les concerts en France, lui, ne savait rien dire dans ma langue.

- Je ne suis pas très sûr de ce que je fais.

Toujours plein de douceur, il s'approcha de moi, et tout doucement, il posa ses lèvres sur les miennes. Tout doucement, il passa sa main sous mon pull, caressant le bas de mon dos, puis monta peu à peu le long de ma colonne vertébrale, jusqu'à atteindre mes épaules.
Ce n'était pas un baiser comme au cinéma, non, c'était un baiser innocent, un baiser timide. Ni l'un, ni l'autre était sûr de ce qu'il faisait. Lui me caressait timidement le dos, moi je mourrais d'envie de passer ma main dans ses cheveux, de me rapprocher de lui, de resserrer notre étreinte, de lui dire « Je t'aime ». Mais la seule chose qui me venait était « Bill Kaulitz m'embrasse. ».
Un bruit de pas, une porte, une voix, de l'allemand incompréhensible, tout ça était allé trop vite pour que je réalise. Tom était rentré, et ressorti, en moins de deux secondes. Bill me lâcha, comme alerté, désarçonné, et me sourit. Sans un mot, nous sommes sortis.
Je repensais à ce premier baiser, je ne l'oublierai jamais, j'étais trop heureuse. J'avais l'impression de planer, d'être dans un autre monde. Je voulais me raccrocher à la réalité, et pourtant ...
La sueur coulait sur mon front, je ne voyais plus que du blanc. Je voulais crier, mais rien ne sortait de la gorge, même si forcer sur mes cordes vocales ne servait a rien, je ne pouvais pas abandonner. Je luttais contre rien, contre l'infini, et le vide en même temps. Mélange incandescent, impossible à battre. Partie perdue d'avance, douleur atroce. Le blanc vira au gris, puis au noir. Attendez-moi, je suis encore là !
Je me réveillai en sursaut, criant le plus fort possible. Des larmes coulaient à flot sur mes joues, creusées par la tristesse, et le manque de sommeil.
J'étais assise sur mon lit, dans ma chambre baignée dans l'obscurité. Je manquais d'air, mais continuais à pleurer en n'essayant même pas de reprendre mon souffle.
Encore un rêve, un cauchemar plutôt. Un retour direct dans le passé. Même quand j'essayais de l'oublier, mon subconscient, me disait « Encore !». Non, je ne pouvais m'en détacher, c'était mon unique raison de vivre.
Des larmes glacées continuaient à couler doucement sur mon visage. Mes yeux n'étaient pas les seuls à pleurer. Les larmes les plus douloureuses sont celles du c½ur. Mais mon c½ur amoureux est perdu dans l'obscurité.
Je me suis jetée sur le coté, risquant de tomber de mon lit. Jetant ma main sur le téléphone, je ne pris même pas le temps d'hésiter. J'ai composé un numéro que je connaissais maintenant par c½ur, attendant la sonnerie avec anxiété. Son beau ténor répondit. Je me sentais déjà mieux, comme protégée.

- Allô ?


Il avait une voix endormie. Après l'avoir réveillé en pleine nuit, je ne pouvais pas m'attendre à mieux. De longues secondes passèrent, sans que ni l'un ni l'autre ne prononce un mot. Il savait très bien qui avait appelé, et attendait patiemment que je parle. Moi je reprenais lentement mon souffle, comme coupée de la réalité, encore au pays des rêves, aux pays merveilleux, où tu étais encore là.
Il finit par me parler, comme pour m'aider à me confier.

- Que se passe t-il ?

Je pris une grande goulée d'air, l'oxygène me manquait à nouveau. La seule chose que je réussis à articuler n'était pas des plus glorieuses, mais tellement réelle.

- Au secours ...
# Posté le dimanche 28 octobre 2007 10:08
Modifié le mercredi 09 janvier 2008 11:44

Chapitre 3

- Bonjour Bill.

Beaucoup tiendraient ce discours devant une tombe, en dessous de laquelle est enterré l'être aimé, mais ce n'était pas mon cas. Non, le mien était beaucoup plus ...morne. J'avais suivi les conseils de Tom, qui, après avoir discuté avec moi une partie de la nuit, pensait qu'il serait mieux pour moi de me rendre dans cet endroit que je détestais tant. Dès que j'en franchissais les portes blanches, j'avais l'impression de manquer d'air, comme si mon c½ur blessé, ne leur avait toujours pas pardonné de m'avoir enlevé celui que j'aimais.
Cela faisait longtemps que je n'étais pas venue, espérant ainsi oublier peu à peu ma tristesse. Mais cela n'avait eu que l'effet inverse.
Je me trouvais là, dans cette petite chambre blanche, devant un corps inerte, qu'on croyait sans vie. Son teint avait viré au blanc gris, son corps, déjà si mince, s'était encore amaigri, ce qui devenait inquiétant. De longs tuyaux encadraient son corps, certains l'alimentant, d'autres l'aidant à respirer. Cet horrible spectacle, accompagné d'un bip répétitif, mais auquel tant de personnes s'attachaient. Pour ma part, il ne faisait que m'insupporter.
Même dans cet état, je le trouvais magnifique. Il avait beau avoir perdu beaucoup de cheveux, avoir pas mal de cicatrices dessinées sur son corps si parfait, Bill restait superbe pour moi.
La porte s'ouvrit lentement, laissant place à une infirmière, qui, sans même dire bonjour, se dirigea vers ce corps, qui était certainement plus important pour moi que pour elle, qu'elle examina. Elle lui souleva les bras sans grâce, regardant si tous les tuyaux et appareils étaient bien en place, changea deux perfusions, et sortit sans un mot.
J'eus un long soupir, et recommença à m'adresser à ce corps, qui ne devait même pas savoir que je lui parlais.

- Tu vois, sans toi, le monde n'est même plus drôle.


Tout doucement, je me suis penchée vers le lit, tirant les draps, pour lui ramener jusqu'au cou, chose que l'infirmière avait négligé.
Revoir Bill, ne me faisait que raviver des souvenirs, lointains, pas tant que ça, mais que mon esprit avait pensé enterrer à jamais. Mais en fait, ils avaient été plutôt cachés, pour mieux réapparaître, encore plus violents, encore plus douloureux.
Une atmosphère, de la musique, des paroles en allemand, une odeur de gâteau au chocolat sortant du four, et le bruit strident du téléphone, venant perturber ce moment de plaisir.
Moi, comme à mon habitude, je me jetai sur téléphone, espérant entendre la voix de Bill à l'autre bout du fil, mais ce fut celle de son jumeau qui résonna.
Il parlait en allemand, à une vitesse impressionnante, débitant les mots si vite que je ne réussis pas à comprendre, me demandant presque si ce qu'il racontait avait un sens. Puis, sans crier gare, il se mit à pleurer, pleurer, en continuant à prononcer des choses incompréhensibles. Puis ... rien. Un blanc, qui me parut durer des heures, plus de pleur, seulement un bruit de voiture, et quelques hurlements, mais la voix de Tom n'était plus audible. Pourquoi ? Pourquoi m'avait-il appelé ? Pourquoi était-il si stressé ? Ces questions résonnaient dans ma tête, comme un détonateur.
Puis, une nouvelle voix parvint du combiné, mais pas le beau ténor de Tom. Non cette voix était roc, dur, et comme durcie par l'age.

- Bonjour mademoiselle, heu .... Comment dire ...

Son incapacité à formuler ses phrases ne me faisait qu'imaginer le pire. L'accent allemand ne m'aidait pas à comprendre, mais il avait dû être prévenu, car il articulait comme s'il parlait à une débile.

- Mr Bill Kaulitz, a été victime d'un .....


Je ne compris pas la fin de la phrase, mais je compris tout de suite le sens des mots.

- Son frère a voulu vous prévenir lui même, mais je crois qu'il est profondément choqué, il a assisté à la scène.


Trop d'informations en même temps, une monté d'adrénaline monta en moi, comme si j'étais en train de plonger dans le vide, ce que je fis sans m'en rendre compte. Le bruit d'un objet se cassant sur le sol me ramena à la réalité, il s'agissait du téléphone. Prise d'un seul coup comme d'une nonchalance non contrôlée, je tombai par terre, à genoux contre le parqué glacé, les lames ruisselaient sur mes joues.
Le monde s'effondrait, et avec lui, mon âme se cassait, mon c½ur avait été profondément lacéré par des coups de griffes et des morsures.
Je ne sentais pas mes ongles, en train de déchiqueter la paume de mes mains, tellement elles étaient serrées, je ne ressentais plus rien, j'avais trop mal, et cela effaçait les petites douleurs physiques. Je me sentais vide, sans vie, et pourtant ....
Mon portable sonna, Tom était calmé, mais pas pour autant serein.

- Rejoins moi, s'il te plait, j'ai besoin de toi, et lui aussi.


Je ne pris même pas mon sac, ni mon manteau, allant directement jusqu'à ma voiture. Je m'assis sur le siège, humant l'odeur du cuir, (j'adorais cette odeur), comme pour me donner de la force, et mis le contact.
A peine les portes du garage furent ouvertes que j'appuyai sur l'accélérateur, dépassant largement les limitations de vitesse.
Je tournai un long moment dans les rues encombrées, essayant tant bien que mal arriver au plus vite. Mais quoi que je fasse, la circulation ne se décoinçait pas, c'est donc à contre c½ur, que j'abandonna ma voiture, sans même faire attention à l'endroit où j'étais, et commença à courir. Courir sans s'arrêter, courir jusqu'à bout de souffle, courir jusqu'à épuisement, toujours courir.
Dans ma course, j'ai bousculé plusieurs passants, et sans même m'arrêter, je continuais, me demandant si j'allais tenir. J'entendais d'ailleurs souvent des reproches, mais je ne faisais pas attention, faisant exprès de ne pas comprendre cet allemand.
La vision brouillée par les larmes, j'avançais en aveugle, criant des « Pardon ! ». Je savais très bien que tous les regards se posaient sur moi à mon passage, mais cela m'était bien égal.
C'est enfin que je vis ces camions de pompier, ces voitures de police, ces policiers bloquant la route. Je parcourus la scène du regard lorsque je le vis. Tom assis sur le trottoir, les genoux ramenés sur le torse. Il pleurait, ça se voyait.
Je me suis dirigée vers lui, voulant le consoler, lorsque mon sang se glaça, mon c½ur rata un battement.
Bill baignait dans son sang, tachant la couverture du brancard, il était plein de cicatrices, les yeux fermés. Oui, les yeux fermés, comme un mort. A côté de lui se trouvait la voiture qui l'avait renversé.
Des hommes se pressaient autour de lui, lui apportant les premiers soins, tout en le transportant vers un camion qui l'emmènera à l'hôpital. Cette vision d'horreur, je voulus directement l'oublier, chose plus facile à dire qu'à faire.
Pour la deuxième fois de la matinée, je tombai par terre, m'écorchant les genoux contre le béton. Silencieuse, je baissai les yeux, ne pouvant et ne voulant regarder ce qui se passait en face moi.
Une main protectrice se posa sur mon épaule, et avec une voix de quelqu'un qui avait trop pleuré Tom me dit :

- C'est de ma faute, si je l'avais retenu, si j'avais vu la voiture, si ....

- Non, Tom, arrête.

Lui aussi tomba à terre, et le visage à mon niveau, je pus apercevoir dans son regard de l'anxiété. C'était son jumeau qu'on emmenait, sa moitié, une partie de lui, partie de laquelle il ne pouvait être séparé. Ce que je vivais n'était pas le quart de ce qu'il devait endurer. De plus, il se tenait pour responsable d'une chose qu'il n'avait nullement faite.
C'est alors que j'entendis deux pompiers parler non loin de nous.

- A même pas vingt trois ans, c'est horrible.

Puis ils s'approchèrent de nous, nous aidant à nous relever, et nous amenant jusqu'au camion se rendant a l'hôpital.

- Dit maman, pourquoi la madame elle pleure ?
- Parce qu'elle est malheureuse, mon chéri.
- Comme toi quand tu me parles de papa ?
- Oui, chéri, comme moi ...


Ce dialogue me tira de mes pensées. J'étais dans le couloir, hors de la chambre de Bill. Je ne me rappelais pas l'avoir quitté, mais je n'eus aucune envie d'y retourner. Me rappeler l'accident avait été difficile, et je n'eus qu'une seule envie : sortir d'ici au plus vite. Je pris fébrilement mon portable, et composa un numéro.

- Allô Tom ? S'il te plait vient me chercher, j'ai besoin de toi.



Chapitre 3
# Posté le mercredi 05 décembre 2007 06:05
Modifié le mercredi 09 janvier 2008 11:43